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"L’hôte silencieux"
"L’être qui s’éveille, donc l’être humain qui devient petit à petit conscient de son SOI, de son MOI, cesse de " s’occuper ", de s’agiter, de s’inventer de multiples tâches inutiles, contraignantes, donc absurdes. Il découvre la Joie profonde dans le calme de son ÊTRE qui surgit, la Félicité indicible de cet être qu’il appréhende pour la première fois.
[...]
C’est dans le silence profond de l’esprit qui se met au repos, dans l’accueil méditatif au plus vaste du coeur que se trouve la clef de la mutation, de la révolution intérieure. Tout homme encore aux prises avec la dualité porte en lui des éléments de conscience correspondant à l’ÉVEIL. Combien d’êtres vivent, l’espace de courts instants, la fulgurance de telle ou telle perception totalement hors du mental... Il n’est nullement nécessaire de concéder à des pratiques en vogue, il suffit de se guider ou de se laisser guider par l’Intuition souveraine qui vient nécessairement lorsque le regard s’infléchit vers l’intérieur, que l’observation rend le regard aigu, profond, non interprétatif et sans concession. Alors se met en route un processus de relation très particulier entre la créature humaine et la vastitude universelle, entre le silence méditatif et l’Infini : C’est une sorte de continuum entre le Mental supérieur qui prend la relève, entre la raison rationnelle et l’Intelligence haute du coeur qui va " baliser " le ratio à sa juste place, entre la souffrance qui devient consciente d’elle même, laquelle, ne trouvait plus aliment à sa survie, va disparaître, laissant la place à l’Aurore de la Vie.
Le silence et l’Infini se rencontrent toujours à l’endroit où le regard se pose sur soi-même, cet espace mystérieux et subtil où nous allons à la rencontre de nous- mêmes, de nos fantômes, de nos peurs.
Cette rencontre, lorsqu’elle se produit vraiment, est la grâce suprême de la relation qui permet à l’Hôte de venir " sur la pointe des pieds ".
Relier l’ego blessé, douloureusement exilé par une inadvertance millénaire, ( mais absolument " nécessaire " ) aux fastes du Jardin royal de la Vie, c’est Réconcilier le fini, le limité, le labeur de l’esclave et l’Infini, c’est passer de l’ébauche au chef-d’oeuvre.
Le chef-d’oeuvre a mis un point final aux fantômes, aux peurs, à toutes les souffrances. Alors, L’Hôte du Silence peut venir et apposer son Baiser sur la plaie refermée."
Johann Soulas (La genèse de l’homme divin, éd le Dauphin Blanc)
*Dharma en méditation*
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