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Wiccan & Chaman Arts

un goût de cendres

un goût de cendres

Gout de cendre…

Quand l’amertume du destin te frappe en plein cœur, quand un tas de cendre te regarde d’un air morgue et arrogant car il a emporté dans l’éther la matière de tes rêves… quand ton impuissance prend la main de ta tristesse pour t’amener dans la nuit noire de l’âme, ce que tu as construit s’écroule et c’est au milieu d’un champ de ruine que tu te retrouves exsangue et démunie... il ne reste qu’un arbre mort comme témoin de ton échec à te réaliser, tu pensais tenir ta route et ta route a brûlé… il a suffit de quelques heures pour détruire ce que tu as mis des années à construire… dans les ruines fumantes de ton désespoir tout est calciné, détruit, en cendre et c’est le seul goût qui te reste de tous tes sens il sera le plus meurtri… le goût de ta vie de tes aspirations, de tes rêves, de ton innocence… combien de fois faudra t il mettre le genou à terre, épuisé de te relever et de croire quand ce destin si pervers te ramène à ce rien que tu tente de combler vainement… alors il n’est rien de nos rêves, pas même la foi pour tenir le cap au travers des tempêtes… alors tu peux faire de ton mieux et ce mieux s’écroule en un souffle de feu destructeur… tu peux prétendre comprendre et percevoir quand finalement tu n’es qu’un aveugle au milieu du chaos...quand à quelques mètres de toi tu n’as qu’une vague odeur de charnier et que tu t’assoupis tranquille et sereine dans l’insouciance de l’ego qui se pavane de sa réussite… pour que l’instant d’après tu sois prostrée devant le tas de cendre… tout est parti dans le néant, des heures de joies se sont transformées en fumée… des heures de travail se sont réduites à un petit tas noir et fumant… des heures de partages ne sont plus que quelques grammes d’un désespoir qui pèse plus lourd qu’une planète de plomb dans ton cœur… et ton âme quant à elle se recueille d’effroi et s’enfuit dans un espace lointain, perdue et solitaire, sans le recours d’un secours illusoire en ce qu’elle croyait avoir de soutien… l’ultime soutien ne sera que ses larmes et ce si profond mal-être qui la saisie et la pend à l’arbre mort témoin victime de rêve désenchanté… rien nous ne sommes rien que des ronds de fumée, pantin désarticulé à la merci de l’obscure destinée de nos ruines fumantes, et mon soleil est noir… tout cela n’est que fumisterie et de là je ne sais pas si je pourrais me relever de ces cendres amères… alors je blâme l’invisible de m’avoir abandonné et je fais silence en larme...

j’ai cru aux signes quand ils étaient bon et avaient sens, qu’en est il de ce dernier signe… feu destructeur tu as volé ma foi et ma lumière, tu as détruit ma joie et en cet instant sombre je suis nu dans ma douleur, sans autre force que les larmes de mon âme...l’envie et le goût de vivre sont partis en fumée… il ne reste plus rien d’autre que l’amer puits de tristesse et d’échec...ce sont mes croyances que tu as incinérées...emportant avec toi mon espoir et ma foi…

je croyais et je me sens si abandonnée… si seule face à l’adversité, si triste d’être impuissante à garder la tête haute… si seule et si blessée…et je reste à genou devant le charnier de mes rêves...immobile, prostrée je n’ose plus bouger...j’attends...

Et puis le temps porte avec lui l’immobilité, et l’immobilité porte avec elle le calme… et c’est dans le calme que la force peut renaître de ses cendres… quand tu invectives tes esprits de t’avoir abandonné, tel un christ sur sa croix en plein désarroi, invisible derrière toi ils ont la patience de t’écouter et de ne rien faire ou dire pour te consoler, ils laissent le cheminement de la colère exploser les dernières illusions et reste là en présence et en force, en lumière invisible qui t’attend…il te laisse le libre agir et comprendre... et dans ce brouillard d’incompréhension perdue, et que tes larmes si nombreuses ont lavé la noirceur de tes ombres, tes yeux rougis par cet excès d’eau pour éteindre le feu de la violence du destin, quand enfin tu apaise cela et que tu observe d’un regard plus élevé la blessure, tu t’aperçois que cela est juste et tu acceptes le coup porté et tu sens en toi une force immense, celle de l’acceptation et de la rédemption, celle de la sagesse qui enfin s’installe dans cette place faite avec l’accord de ton âme, quand la colère rejoint les cendres de tes illusions, elle permet à la sagesse et la force de s’installer durablement, accepter la sentence même si on ne sait pas pourquoi on se sent puni, accepter la destruction sans regret ni amertume, croire que cela est car cela est, ni plus ni moins, c’est une épreuve difficile extrêmement difficile...c’est en passant par la négociation que l’acceptation se fait, celle qui tempère le « ok j’accepte mais je vais être récompensé... », celle qui croit que l’équilibre des forces est encore sous contrôle… celle qui ne peut abdiquer face à l’adversité… et elle a une grande importance, si elle n’est pas dans le jeu, le désespoir fatalitas prend place, le « à quoi bon… je suis échec et je resterai échec... » ce sont ses mantras et si l’acceptation négociation se fait la mantra change... »ok ce qui est est...que ta volonté soit faite Ô destin insaisissable »en cet instant je pose sur le chemin de mon destin la clarté de la sagesse de l’acceptation car elle est l’ultime force pour se reconstruire, je creuse un trou et j’y enterre les vestiges d’un rêve, d’une croyance abouti et limitante réduite en cendres, et dans ce trou hommage à ce rêve, je pose aussi la plume de ma liberté, je mets à profits mon impuissance dans une intelligence divine que je ne peux définir ni mesurer… je relève la tête, et le reste de mon corps suit pour entrer dans l’action, je me relève plus forte et plus consciente, je ne vends pas mon âme au désespoir, mon âme n’a pas d’autre pris que sa propre lumière celle de croire en elle et en sa force cosmique, j’entre dans mon propre royaume pour reconstruire des décombres de ma terre brûlée un espace libre de contrôle et d’illusion, un lieu de créativité autre arrive, transformer est ce qui est à notre portée… nul coupable, nul fautif, nul bourreau, juste le mouvement de la transformation qui mène à la renaissance passant par des étapes douloureuses on accède à la possibilité de lâcher prise… être dans sa lumière nous met en dette, tôt ou tard il faut accueillir le chaos libérateur...l’enseignement de cela est venu à moi, je regarde d’un angle plus élevé tout cela, j’accepte de voir au-delà des limites de mon ignorance pour renaître et continuer le chemin… je mesure mon impuissance réduite à cette seule force accepter… accepter les cendres et le chaos, accepter l’impuissance à contrôler son destin, accepter la volonté invisible des forces en action et garder la foi quoiqu’il en soit.. ce qui est est...ni plus ni moins au-delà de la matière et des limites il y a la voie éternelle de la foi… quand cette compréhension se fait la peur n’a plus de place, la tristesse porte avec elle la compassion, la compassion porte l’empathie et l’empathie porte la lumière, tout cela dans les limites que l’on définit, et c’est bien cela l’enjeu majeur, les limites que l’on définit...la tolérance et la souplesse envers soi même, envers le destin invisible qui règne en maître absolu, sont des outils appréciables pour accueillir la résurrection…

en cet instant je prend conscience et mesure que si rien n’est définitif ou acquis, que le destin pourra frapper d’une façon ou d’une autre, en bien ou en mal, je suis ce que je suis et ma valeur se fait à ma capacité à être dans ma lumière au-delà de la matière et des sentiments humains, je reste une enfant du divin...

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